Les membres du LGI2P

 

L’automatisation cognitive est le projet scientifique du laboratoire de Génie Informatique et d’Ingénierie de Production (LGI2P) depuis 2009. Elle s’est révélée être un projet scientifique consensuel et fédérateur, bien adapté au mélange culturel d’informaticiens et d’automaticiens du LGI2P, dans la continuité des thèmes scientifiques portés par le laboratoire autour de la relation entre l’homme et les systèmes complexes qu’il cherche à maîtriser, tout en réaffirmant son ancrage dans le domaine des Sciences et Technologies de l’Information. Par systèmes complexes, on entend tout système non totalement modélisable évoluant dans un contexte incertain et donc susceptible de présenter des comportements imprédictibles ou émergents, et qui dans son cycle de vie, de la conception au démantèlement en passant par l’exploitation, nécessite, à certains jalons, l’intervention de l’homme. La résolution de ces situations décisionnelles complexes doit à la fois tirer parti des capacités de traitement de l’information  et de mémoire de l’outil informatique d’une part, des connaissances implicites et des savoir-faire de l’homme d’autre part. Pour que cette résolution conjointe soit efficace, il faut que l’homme et la machine partagent une même conscience situationnelle de l’exercice. Nous nous attachons donc  à mieux gérer l’interaction homme/machine. Dès les années 80, avec le premier boom de l’Intelligence Artificielle, on a cherché à ce que la machine sache expliquer ses calculs et raisonnements à travers des interfaces compatibles avec les modes cognitifs de l’homme, mais aujourd’hui on attend une communication bilatérale où la machine comprend le langage naturel, perçoit l’intention et restitue l’affect. Sur la base de cinq piliers disciplinaires, représentation des connaissances et apprentissage automatique, aide à la décision et optimisation, imagerie numérique, ingénierie système et logicielle dirigée par les modèles, le LGI2P s’est tourné vers deux domaines d’application privilégiés : le risque et la santé.


Côté risque, dans le cadre de la création d’une unité mixte de recherche entre l’université de Nîmes et l’IMT Mines Alès, le LGI2P souhaite contribuer dès le prochain quadriennal au développement d’une science du risque à la croisée des sciences de l’ingénieur et des sciences humaines et sociales. Accepter de développer une activité à risque est en effet le résultat d’une décision dans laquelle il a fallu évaluer contraintes et impacts, et les rapporter aux gains et progrès que l’activité est susceptible de générer : cette décision est donc à points de vue multiples et repose sur des choix scientifiques et technologiques objectifs, mais n’en reste pas moins un choix sociétal, économique ou politique, fruit d’une subjectivité collective acceptée et communicable. Une façon d’introduire la notion de risque dans l’action collective est de souligner que la maîtrise de systèmes complexes passe par l’acceptation d’un contrôle incomplet. L’unité mixte de recherche se propose donc de placer au centre de ses études la gouvernance de ces situations à risque et des interactions entre les sphères sociétales qu’elles génèrent.


Côté Santé, dans la continuité des collaborations et actions déjà engagées depuis 2014, nous menons une réflexion sur la création d’une Unité Mixte de Recherche « Santé Numérique en Mouvement » (Digital Health in Motion) pour le quadriennal prochain. Il s’agit de creuser ensemble une  ligne de recherche translationnelle sur « La Santé Numérique en Mouvement », mieux comprendre l’étiologie du mouvement humain, considéré comme le niveau d’intégration des phénomènes biologiques et cognitifs, au cours de nos échanges informationnels permanents avec l’environnement. Au plan des applications, le rapprochement de nos équipes présage de nombreux débouchés tant d’un point de vue clinique qu’industriel : la mise au point et la validation clinique de méthodes de fouille de « données de mouvement » co-développées avec les rééducateurs pour le guidage qualitatif et quantitatif de la rééducation post-AVC, le développement d’interfaces cerveau-machine pour la rééducation motrice post AVC ou l’évaluation de la conscience de patients non répondants suite à une lésion cérébrale grave. Le développement de solutions technologiques innovantes sera également au centre de notre collaboration. A titre d’illustration, nous travaillons actuellement sur le développement de solutions de capture du mouvement simples, robustes et peu onéreuses pour le monitoring et la rééducation de patients à domicile, avec application au post-AVC.

Le directeur du centre LGI2P,

Jacky Montmain